0,5$ par jour

Samedi 14 novembre

Nous avons passé une nuit de rêve. Ici, avec l’altitude, il fait plus frais, 20° la nuit. Cela nous change. Toutes les nuits, nous dormons avec nos boules kies, car la vie asiatique commence de bonne heure, vers 6h du matin. Ici, à 5h du matin, gros hurlement dans les hauts parleurs! C’est nos fameux camions bennes qui rameutent les locaux pour se remplir et charger la bête. Ils sont fous! Des hurlements pour dire : « Venez, venez, nous sommes ouverts, le camion vous attend pour partir », à 5h du mat. Donc, des boules kies toujours, même quand le site vous paraît tranquille!

Le petit déjeuner est à la hauteur de l’hôtel : Excellent! Ils nous servent des pamplemousses de la région. Les morceaux sont complètement épluchés, naturellement sucrés et gigantesques. Un régal!

Le chauffeur est là, il nous attend. Seb lui avait demandé de contacter l’agence pour exprimer son mécontentement. Il l’a fait. Le proprio est ok pour nous rencontrer en fin de journée. Stef ne souhaite pas s’énerver et passer du temps sur cette affaire. Le mal est fait, voir l’agence ne changera pas grand chose. Perte de temps et d’énergie inutiles! Nous avons autre chose à faire, pense Stef. Seb accepte et fera un mail depuis l’hôtel . Profitons de la Birmanie plutôt.

Nous avons donc la journée pour revenir sur nos pas. Nous avions repéré 2 points à l’aller : Les champs de pamplemousses géants et les champs d’hévéas.

Les paysages sont très jolis. Nous sommes dans la montagne et redescendons doucement. Nous demandons à visiter un champs de pamplemousses. Les arbres ressemblent à des orangers. Ils croulent sous les fruits énormes. Les branches sont soutenues par des bambous. Les fruits sont plutôt verts, verts jaunes. Pas très lisses. Nous en achetons deux. Ce sera notre dessert d’un soir!

Un peu plus loin, nous repérons du latex en train de sécher sur des branches de bambous. Nous nous arrêtons en bord de route, regardons, touchons et prenons des photos. Il n’y a personne. Mais, rapidement une mobylette s’arrête, tape au carreau du chauffeur. La conversation est tendue. En fait, nous sommes dans le département Mon. Dans ce département, vivent les populations Karen, à une centaine de km, population opposée au régime et des îlots de guérilla ont lieu. Il y a donc pas mal de casernes. Il est interdit de prendre des photos sur cette route. Nous photographions seulement du latex/ Mais cela n’est pas apprécié par cet motocycliste, qui n’est autre qu’un policier (en civil). Voilà, nous étions « suivis ». Les 2 français avec lesquels nous avions discutés et qui sont venus 3 fois en Birmanie, nous avaient racontés comment souvent ils étaient suivis. Le groupe de 5 français idem, nous ont parlé d’étranges coïncidences où un birman s’est retrouvé plusieurs fois sur des photos tout en étant sur des sites différents…. bizarre, bizarre. Franchement, je crois que nous avec nos enfants, nous ne sommes pas le cœur de cible de la junte birmane. D’ailleurs, soyons clairs, nous n’avons jamais eu le sentiment d’un dispositif militaire important ou bien même policier. Bien au contraire. Évidemment, en tant que touristex, nous ne ne voyons pas grand chose. Clairement, nous ne ressentons aucune pression, aucun mal aise.

Au cour de notre périple, nous avons eu la chance de discuter un peu du gouvernement actuel, très très peu soutenu par les Birmans. Les élections de 2010 sont très attendues. La misère est vraiment présente et le gouvernement est responsable de cela. Surtout avec les richesses du pays : pierre, pétrole et gaz, or et riz (premier rang mondial, export vers la chine)…

Enfin, revenons à notre Latex… Un peu plus loin sur la route, nous tombons sur des paysans travaillant justement le Latex. Nous les regardons travailler la matière.

Le paysan se lève dans la nuit, pendant la fraicheur pour récolter le liquide sur les arbres et effectuer une nouvelle saignée. Le latex est versé dans des bacs avec de l’eau et un réactif. Une fois le mélange bien homogène et reposé, il est écrasé à la main une première fois pour en évacuer l’eau et étaler le latex. Ensuite ce morceau de latex mou est introduit dans une presse à rouleau. Il est donc encore affiné et essoré. Il est de nouveau repassé dans la presse. LE latex sera ensuite étendu sur un fil à linge pour sécher. Les paysans sont payés une misère 0,5$ par jour. Leur enfant ne peut donc par aller à l’école faute de moyen. Nous sommes ici au milieu de nulle part, c’est dur à voir! Mais ils nous sourient et sont contents d’échanger avec nous. Ils adorent évidemment Emma et Mathéo. Nous passons un bon moment avec eux. Nous leur laissant un peu d’argent. En partant, notre chauffeur leur crie : « poulet, poulet ». Oui, mangez un peu de poulet avec cet argent, cela vous fera du bien à tous…. Oumpfff, c’est dur à entendre!

Notre policier en civil était quant à lui arrêté un peu plus loin et observait la scène. Sur la route, nous profitons des paysages, montagnes, champs, rizières, buffles se baignant, etc. Nous faisons des arrêts à Bago pour visiter des pagodes. Sans grand intérêt en fait. Nous en avons visité déjà beaucoup maintenant. En arrivant dans un temple, nous entendons de la musique. Il s’agit d’une fête en faveur d’un esprit : Nat. Des danseuses sont là, beaucoup d’agitation, une musique très forte, des offrandes, des cris. Mais surtout en regardant de plus près , les danseuses sont des danseurs, ou plutôt des travestis. Il paraît qu’ils sont nombreux.

Un peu plus loin, nous visitons un bouddha couché de plus de 50m de long. C’est évidemment étonnant.

Nous déjeunons puis repartons vers un temple sans intérêt. Nous préférons nous assoir près d’une vendeuse plutôt sympa. Seb négocie quelques chewing-gums, lui vide son stock, papote, lui en offre même. Un petit garçon est là. Il nous fait une démonstration de chant, danse, théâtre. Il est très mignon, tout léger sur ses pattes. Il joue avec tout son corps, pieds, mains, tête, cou, buste, saute, se contorsionne, fait des mouvements type karaté, tout en chantant, récitant son texte. C’est adorable! Nous le félicitons.

Nous reprenons la route jusqu’à Yangon. Douche fraîche et repos. Nous allons au Shan Noodle 999 pour dîner. Nous avions essayé auparavant, mais beaucoup de restaurants ferment à … 19h! Nous sommes motivés et de toute façon fatigués donc nous y allons de bonne heure. Nous découvrons quelques spécialités autour des pâtes Shan sous forme de soupe et de salade. 2,8€ le repas ce soir! Un record!

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