Dien Bien Phu

Dimanche 13 décembre

Ce matin, nous prenons la route sous un brouillard épais et un froid de canard… Impossible de rester en bermuda. Nous petit déjeunons dans le landrover. Le chauffeur nous a gentiment acheté des beignets aux graines de sésame. Ils sont chauds…Il est 7h45, nous sommes les premiers visiteurs du musée de Dien Ben Phu. Un film en français retrace l’histoire de la bataille de Dien Bien Phu. Des pioches, des pelles, des traîneaux, des quarts, des pneus illustrent la vie quotidienne des soldats. De nombreuses photos, des coupures de presse ainsi que des plans et des cartes enrichissent le musée. A l’extérieur, sur la pelouse, de chaque côté du monument aux héros de guerre, des chars, des carcasses de véhicules ainsi que des canons sont entreposés. Nous achetons quelques souvenirs pour un collègue de Seb.

Puis, nous nous rendons au mémorial pour les soldats français. Celui-ci fut érigé par un ancien combattant en 1994 pour fêter les 40 ans de la fin de la guerre. En effet, ici, il n’y a pas de cimetière pour les soldats français. La seule trace de ces hommes qui se sont battus pour notre pays, c’est ce mémorial au centre d’un jardin bien entretenu et clôturé.

Enfin, avant de prendre la route pour notre troisième étape avant Sapa, nous allons au QG du général de Castries. Là, des tranchées sont creusées menant à la guérite de l’entrée. L’ambiance est étrange. La guerre ne semble pas bien loin. Un silence de mort y règne… Aux alentours, quelques carcasses de chars ainsi qu’ une végétation presque inexistante…Nous sommes au coeur d’un champs de bataille entouré par les fameuses collines de la région, où vécurent les derniers soldats français avant l’assaut final des Viets.

Nous quittons les lieux en ne restant pas si indifférents que cela.

Puis, nous prenons une route défoncée sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Nous traversons de nombreux villages montagnards où habitent les Hmong. Nous apercevons une famille en train de broder de ravissantes bandes de tissu aux fils de coton colorés. Les femmes et les filles brodent des pans de tissus pour confectionner leurs jolies jupes plissées. Les couleurs sont chatoyantes. Les enfants sont un peu farouches. Les filles ont des boucles d’oreilles en fil coloré. Stef est en admiration devant cette famille.

Nous sommes chez les Hmong, dans leur village, devant leurs maisons. Nous vivons un moment intense et très précieux. Un de plus. Trois générations sont rassemblées. Elles sont toutes vêtues de leur habits traditionnels. La grand-mère a un peigne dans les cheveux. Les femmes ont des bandes de tissus enroulés autour des mollets comme des guêtres pour se protéger des broussailles. Les manches de leur corsage sont ornés de bandes de tissus colorés. Stef adore toutes ces couleurs. Elle resterait des heures avec cette famille. Elle serait presque tentée de prendre une aiguille et de les aider. Voilà leur principale occupation. Les enfants commencent très jeunes.

Sur la route, nous croisons des enfants portant des fagots de bois dans leur hotte en bambou. Ils sont très farouches. Il prennent la fuite en nous voyant.

Quelques mètres plus loin, nous nous arrêtons au bord de la route. Des femmes et un bébé vendent de minuscules noisettes. Elles ne sont pas protégées du froid. Elles semblent frigorifiées. Le bébé est très peu vêtu comparé aux femmes. Il porte un petit collier d’argent. Il est enroulé dans un bout de tissu coloré. Nous goûtons aux noisettes. Elles ne semblent pas très sèches. Nous comptions en acheter mais nous n’apprécions guère. Alors, nous allons chercher des gâteaux dans la voiture. Mathéo se fait une joie d’en offrir à l’enfant.

Nous reprenons la route et nous nous arrêtons pour le déjeuner à Lai Chau. Nous pensions que nous resterions là pour la nuit. Mais le chauffeur nous propose de poursuivre notre chemin pour nous rapprocher de Sapa. Nous n’avons pas de carte routière mais nous lui faisons complètement confiance…

Là, nous ne sommes plus sur une route mais sur une ébauche de route. Des engins en tout genre cassent pierres, rocs, rochers, cailloux. Les roues du landrover supportent ce tapis de roches. Nous sommes sur un drôle de chemin pendant des dizaines et des dizaines de kilomètres. Secousses, gestes incontrôlés, nous donnent le fou rire. Nous sommes cahotés, ballotés dans tous les sens. Impossible de résister. Nous faisons des bons de 50 centimètres dans la voiture. C’est plutôt drôle. Le chauffeur maîtrise bien son véhicule. Le trajet est un peu long. Nous suivons les ondulations de la rivière. La végétation a pris des teintes brunes. Les feuilles des arbres sont recouvertes de poussière. Nous soulevons des kilos de terre sur notre passage. Nos vêtements sont imprégnés d’une odeur minérale. Une couche de particules brunes les recouvrent.

Enfin, nous arrivons à Phong Tho. Une ville qui ne ressemble à rien. Pour l’instant, elle se limite à une longue rue principale de terre bordées de maisons de rideaux de fer, les unes à côtés des autres. Nous atterrissons dans le seul hôtel de la ville: le Tuan Anh. Les chambres sont un peu chères mais nous ne faisons pas les difficiles…

Les enfants ont un lit chacun, c’est ce qui compte pour nous ce soir…

Nous dînons dans l’hôtel. Nous n’affronterons pas les rues noires ce soir.

3 réflexions sur « Dien Bien Phu »

  1. hé ho!!!!!!!!!!!!!!!

    Y’a quelqu’un?

    Bon désolé, j’ai raté la conf (skype pour vous souhaiter joyeux noël. Voilà c’est chose faite maintenant.

    JOYEUX NOEL

    C’est passé super vite hein ces 5 derniers mois? Allez profitez de ceux qui vous restent.

    Bisous à tous les 4, et ne vous pressez pas trop de rentrer quand même, on se marre bien chez vous..
    Ciao

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