Mésaventure

Vendredi 13 novembre

Nous avons rendez-vous ce matin avec notre chauffeur pour aller au rocher d’or. Ce site se trouve à 5h de route de Yangon. Nous allons donc traverser la campagne birmane pour y arriver. Notre chauffeur est évidemment à l’heure, même en avance. Nous avons juste pris un petit sac à dos avec un change. Nous laissons notre bazar à l’hôtel sachant que nous reviendrons le lendemain soir.

Il est 8h30 et il fait déjà chaud. La voiture a la clim ce qui est un exploit ici. Enfin, elle rafraîchit plus qu’elle ne refroidit. Mais c’est déjà cela. Au bout d’une heure de trajet, nous sortons de Yangon. Nous constatons que la ville est grande. La circulation n’est pas très rapide. Dès que nous sommes en campagne, nous découvrons de grandes rizières avec ses paysans et leurs buffles. Toute la partie centrale de la Birmanie est une énorme plaine et en son milieu coule le fleuve venant de Chine. La veille, vu de l’avion, le spectacle était grandiose. Nous voyons bien les cours d’eau rouges traversant les rizières et forêts pour se jeter dans ce grand fleuve: l’Irrawaddy.

Le taxi roule assez vite pour nous permettre d’arriver pas trop tard sur le site. Nous aurons plus de temps le lendemain sur le chemin du retour pour profiter des paysages et faire des pauses.

En arrivant, nous visitons un premier hôtel, le Sunrise Guesthouse, recommandé par le Lonely et le Routard. Le cadre est superbe, jardin aménagé, chambre mignonne avec décoration en bois, belle salle de bain, terrasse, accueil gentil. C’est parfait. 35$ la nuit, négo à 30$ et ça les vaut vraiment. Nous allons déjeuner et nous préparer pour une expérience inédite. L’entassement dans un camion benne…

Le rocher d’Or se trouve en haut d’une petit montagne. A pied, il y a 5 bonnes heures de marche sous 35° quand il y a de l’ombre. Il est possible de faire une bonne partie du trajet dans un camion. Il s’agit vraiment d’une benne avec des planches en bois en guise de bancs. On pourrait s’y entasser à 35, mais ici on pousse le bouchon à 55. Tasser n’est pas assez fort. Compresser est plus près de la réalité. Il nous faut une bonne demie heure afin de remplir la benne et organiser la compression des personnes. Des gros avec des maigres, des enfants sur les genoux, et remplir l’arrière du camion avec valises, sacs de riz et autre. Bref, c’est grand moment! Les fesses sont sur la planches, les genoux sous la planche devant soit car il n’y a pas assez de place, et inévitablement les pieds vers l’arrière. Le pire, c’est qu’on paie pour cette torture. Et nous ne sommes pas encore partis… Le camion démarre lorsqu’il est plein. Dès le premier virage, nous réalisons que cela ne va pas être de tout repos. Dès la première montée, nous sommes pressés d’arriver. Quant au premier freinage, les muscles se tétanisent complètement. On va essayer de profiter du paysage, mais ce n’est pas sûr. Quant aux photos, ce n’est pas possible! Voilà, cette nouvelle expérience va tout de même durer une petite heure. (on va essayer de ne pas penser au retour).

Nous sommes ravis de nous extraire de la benne et de toucher sol jusqu’au moment où nous regardons vers le sommet. Il nous reste une heure de marche pour atteindre l’objectif, une heure de bonne montée. Allez, on en se pose pas de question, nous partons direct. Il y a des porteurs qui nous suivent avec leur chaise à porteur. Ils attendent patiemment que nous craquions évidemment. Nous nous en débarrassons car la grimpette est suffisamment difficile en soit. Il faut motiver les enfants, bien sûr. C’est dur, surtout sous cette chaleur. Nous leur répétons que ce rocher d’or se mérite! Nous faisons de courtes pauses, buvons et repartons. Emma devient vraiment toute rouge à un moment. Seb la prend sur ses épaules. Allez, un peu de muscu pendant que nous y sommes. Nous en voyons le bout. On arrive à la cabane pour payer le droit d’entrée. Négo pour les enfants qu’on fait passer gratuitement en disant qu’ils n’ont pas payé pour THE pagode Shwedagon à Yangon et que donc, ils ne doivent pas payer ici. C’est évidemment faux mais cela passe.

Nous découvrons un premier rocher tout recouvert d’or. Il ressemble mais il est petit celui-là… Ce n’est pas le fameux rocher d’or. C’est une copie. La vue est sympa, nous sommes en haut de la montagne. Nous surplombons l’immense plaine de Birmanie. Un peu plus loin, nous voyons un chédi en réfection, empaqueté dans des nattes de palmiers. Et là, nous comprenons! Il n’y a rien à voir. Le rocher d’or est en cours de rénovation. Il est caché derrière des bambous tressés!!!! ON HALLUCINE! Nous sommes dégoutés, écoeurés. On ne comprend pas… Personne ne nous a prévenu! On pense à la fameuse agence recommandée par le Guide du Routard : Guliver Travel, au chauffeur de taxi. Nous pensons à tous les efforts fournis : la route, la benne, la grimpette. Aux enfants que nous avons motivés en leur promettant de voir ce gros rocher d’or. DEGOUTES. Seb et les enfants en veulent vraiment à l’agence. Pour une fois que nous passons par une agence de voyage pour un circuit. 170$ de taxi. On repense aux hôtels proposés au sommet à 120$ la nuit, de la folie!!! heureusement que nous avons refusé. La structure recouvrant le rocher d’or ne s’est pas monté en un jour. Cela fait quelque temps que le rocher n’est plus visible. Pourquoi Gulliver Travel ne nous a rien dit. Seb n’arrive même pas à profiter des paysages. Il ne pense qu’a quitter ce lieu! C’est tendu! Nous allons à l’entrée du site et tapons un scandale. Nous demandons à ce qu’ils nous remboursent le photo fees. On prend les touristes pour des c… Nous redescendons un peu et faisons une pause boisson pour faire descendre la température. Puis, marchons jusqu’à notre benne. Nous nous installons sur notre petit banc de fortune, attendant le tassement complet et repartons pour notre séance Orangina! Secouez, secouez-moi! Nous retrouvons le chauffeur de l’agence. Seb est froid et sec avec lui. Il lui expliquant que le lendemain, il ne nous ramène pas à l’hôtel mais à l’agence direct! Stef n’aime pas ce genre de situation. Elle arrive à passer outre. Elle est dégoûtée mais elle sait passer à autre chose.

Allez, une bonne douche. Heureusement, notre hôtel est top! Nous nous détendons, dînons sur place et profitons du cadre. Les enfants sont aussi déçus. Dommage, mais les mésaventures font partie de l’aventure! ET c’est une première depuis 4 mois, alors relativisons!!!

6 réflexions au sujet de « Mésaventure »

  1. ah une bonne note d’optimisme en conclusion… j’aime cela et j’ attend quand meme la suite de la rencontre seb versus agence de voyage ! du croustillant ?
    heureusement on sait depuis par facebook que tout va bien 😉
    allez je trinque a mes aventuriers préférés
    emma

  2. Une aventure qui rappelle qui on est quand on voyage…une source de revenus ! Heureusement qu’il y a des « mauvais » plans que les enfants puissent faire leurs experiences de routards…peut-être les meilleures après tout ?!!! En tout cas, même si on ne voit pas les photos, on vous imagine serrés comme des sardines, puis découvrir ce FAUX rocher doré… Enorme bisous

  3. grrrrr belle deception tu m’etonnes Yvonne ! … mais les renovations font toujours chier sur les « monuments » … je me rappelle la Sagrada Familia visitee il y a 2 ans avec Violaine, toute en renovation et echaffaudages… le truc qui t’enerve ! le rocher d’or continuera ainsi a vous faire rever car il vous faudra l’imaginer … (ha ha genre le rire jaune hi hi)

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