Pindaya

Lundi 2 novembre

Nous nous réveillons à 5h45 pour un départ à 6h30. Pindaya se trouve à 2h30 de route du lac Inle. Nous souhaitons nous rendre au marché de bonne heure afin de profiter d’un peu de fraîcheur et de croiser les femmes des tribus venant des montagnes.

En chemin, nous nous arrêtons à plusieurs reprises afin de profiter de la vue sur la campagne. La lumière est extraordinaire. Nous surplombons la vallée. Dans les champs, nous voyons des fermiers labourer leur champs. Nous allons à leur rencontre. Immédiatement, le fermier propose à Seb de tester son outil archaïque. Évidemment, les champs se labourent avec les buffles ici. Il y a un coup de main à prendre. Il faut trouver l’équilibre entre la maîtrise de l’animal qui doit avancer et la maîtrise de l’outil. Mathéo essaie à son tour. C’est mignon! Il monte aussi sur le bœuf. Encore un moment qui restera gravé dans nos mémoires.

Puis, nous continuons notre chemin et arrivons au marché.

Nous déambulons dans les allées grimpantes et étroites protégées par des bâches afin de donner un peu d’ombre aux maraîchers. Ce sont essentiellement des femmes qui vendent des produits comme de l’ail, des haricots en tout genre, du tofu, des pommes, des tomates… Nous voyons aussi les soya beans avec lesquels les femmes font des petites galettes. Nous achetons des grey beans que nous grignotons sur le chemin ainsi que des chips de soja délicieuses. Nous croisons un groupe de 4 français et ce sont les seuls touristes que nous rencontrons. Ils cherchent désespérément les fourmis rouges grillées que les Birmans mangent à la petite cuillère sur une tartine ou accompagnées de riz ou bien encore dans une omelette. Ici, les femmes, les hommes nous regardent étrangement, très discrètement et toujours avec un grand sourire. Certaines femmes vont même jusqu’à embrasser Emma. D’autres ont envie de toucher Mathéo. Stef est en admiration devant ces femmes aux cheveux noirs, épais, nattés, descendant jusqu’aux fesses. D’ailleurs Chan Chan nous montre la poudre d’acajou ainsi que la plante qui permettent avec un peu d’eau de confectionner un shampoing naturel favorisant la pousse des cheveux. Stef aimerait en acheter mais cela est assez encombrant… Chan Chan, adorable comme elle est, nous propose de venir chez elle demain pour nous faire un shampoing. Les filles sont aux anges… et Mathéo ne dit pas non pour se faire masser le cuir chevelu…

Nous continuons notre balade et goûtons à un gâteau noir coupé au ciseau et aux cacahouètes mélangées au sucre de canne dont nous achetons un morceau. Ça colle aux dents et c’est BON!

Puis nous nous arrêtons à l’angle d’une allée pour choisir quelques sacs Shan très colorés que tous les birmans grands et petits portent en bandoulière. Stef ne peut pas résister. Elle sait qu’elle ne peut pas acheter grand chose dans les pays qu’elle traverse car ensuite il faut porter la marchandise mais là, elle veut ramener ces sacs en souvenir du Myanmar dont elle s’attache tout particulièrement…

Nous sortons du marché pour le rejoindre le taxi qui nous emmène ensuite à la célèbre grotte aux 8000 bouddhas. Et oui, vous avez bien lu: 8000 et quelques! Pour les bouddhistes, c’est un lieu de pèlerinage important, propice à la méditation et au recueillement. Et nous le constatons au vu du nombre de locaux ici présents. Au fil du temps, ces statues sacrées ont été déposées et accumulées dans cette grotte. Le nom des donateurs du monde entier est inscrit sous chaque bouddha installé dans la grotte. Des bouddhas, noirs, dorés ou blancs sont en bois, en pierre, en marbre ou recouverts de laque. Les plus vieilles statues datent du XVII ème siècle. Nous prenons un peu de hauteur pour avoir le recul nécessaire et admirer les nombreux bouddhas. C’est impressionnant! Dans un coin de la grotte, deux statues suintantes se couvrent de gouttes d’eau. Les locaux prennent un mouchoir pour recueillir l’eau et se l’appliquent sur la peau pour s’attirer la protection des esprits.

Nous sortons de la grotte et admirons le paysage alentour.

Vers 13h, nous retrouvons le chauffeur en bas de la grotte pour aller déjeuner dans un bon petit restaurant: Restaurant Mémento dans une maison traditionnelle au plafond de bambou. Aux murs, des tableaux de peinture sont accrochés. La vaisselle est raffinée. Le service est attentionné comme partout dans ce pays. Nous nous régalons d’une bonne salade de tomates aux cacahouètes, d’un curry de bœuf aux patates et d’un poisson grillé au citron accompagné de riz. Nous terminons le repas par des petits gâteaux de sésame offerts par la maison. Un régal!

Après ce délicieux repas, nous allons nous balader autour du lac encadré par des montagnes rocheuses et boisées. Là, nous sommes impressionnés par l’énormité des banians. Ces arbres majestueux donnent un peu d’ombre aux birmans assis autour du lac. Un réel appel à la sieste… Mais nous poursuivons notre balade autour du lac. Des familles entières se baignent, se lavent, font leur lessive.

Nous reprenons la voiture pour le chemin du retour. En route, nous profitons des couleurs des champs de sésame, de riz, de choux, véritable palette d’artiste. Au loin, nous apercevons des fermiers battant le riz. C’est la moisson. Nous nous en approchons. C’est un travail d’équipe. Ils sont en cercle, battent le riz sur des planches. Le riz saute et tombe sur des nattes de bambou et des bâches posées au sol. Le travail est cadencé. En nous voyant au loin, ils battent de plus belle. Ils ont presque fini. Ils rassemblent le riz au milieu des bâches à l’aide de paniers ou de balais. Puis avec un long morceau de bambou qu’ils agitent à la verticale tel un éventail, l’enveloppe, la paille de riz volent au vent et se retirent. Ainsi, le riz est trié, propre, près à être stocké dans des sacs et être chargé sur de très belles charrettes en bois tirées par de nombreux bœufs. Les fermiers sont accueillants, souriants. Ils répondent à nos nombreuses questions traduites par Chan Chan. Encore un souvenir inoubliable, des échanges de sourires inépuisables!

Juste avant d’arriver au village, nous nous arrêtons dans un monastère très ancien, Shwe Yan Pyay tout en bois, dont les piliers sont recouverts d’or à l’intérieur ainsi que les plafonds. Ce qui fait la particularité de ce monastère, ce sont ces fenêtres ovales. Nous sommes chaleureusement accueillis par le responsable du monastère ainsi que deux autres moines. Ils nous offrent des bananes et nous posent quelques questions via Chan Chan. Ils sont très sympathiques. Stef mitraille les novices à l’extérieur. Ils sont en train de se laver et de se raser le crâne. Scène insolite qu’elle ne souhaite pas rater. C’est toujours délicat de prendre des photos mais le moment est opportun. Stef reste très discrète.

Puis, nous allons visiter la pagode blanche à l’extérieur abritant des centaines de petits bouddhas dans des niches percées dans le mur rouge brique. Étonnant!

Enfin, nous rentrons et nous nous installons dans notre nouveau bungalow sur pilotis (Viewpoint Inn ), qui se trouve juste derrière l’embarcadère. Nous y accédons par un petit pont de bambou qui enjambe un plan d’eau aux fleurs de nénuphars roses. La vue est splendide. L’endroit est plutôt calme malgré la proximité de l’embarcadère. La chambre est immense. Et c’est la fête ce soir car nous allons tous avoir notre propre lit. En effet, les enfants se partagent souvent un matelas. Là, c’est royal! Chacun sa couverture, ses propres draps. Youpi!

3 réflexions au sujet de « Pindaya »

  1. et un happy sunday evening pour Emma qui a lu toutes ces dernières péripéties sous sa couette… c’est mon petit rendez vous quotidien chaque soir avec les Leblanc !
    bises californiennes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *